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ARTICLES ET MÉDIAS

Voulez-vous vraiment être patron ? Peut-être changerez-vous d’avis.

19 février 2015| Jessica Joyal

 

Plusieurs envient la position des patrons (liberté, voyages, salaire, etc.). Pourtant, leur situation n'est pas toujours si rose.

Photo : Pixabay

 

Auteur : Mélanie Alain, Blogue Finance de Yahoo Québec, 4 sept. 2014

 

Dans le cadre de son travail, Jessica Joyal place des gens dans des postes de direction de différentes entreprises. D'ailleurs, elle est elle-même présidente de sa propre compagnie (Jessica Joyal, chasseur de têtes) et elle a été propriétaire/entrepreneure à son compte pour une grande partie de sa vie.

 

Selon elle, voici quelques désavantages qui viennent avec le fait d’être patron.

 

1) Pas d’horaire de travail / difficulté à décrocher

 

À la maison, en congé ou en vacances, les dirigeants pensent à l’entreprise. Il y a rarement de coupure avec le travail. «Tu décroches physiquement quand tu pars en vacances, mais pas dans ta tête. […] Même s’ils vont quatre mois en Floride, tous mes clients entrepreneurs sont toujours connectés à leur organisation», dit Jessica Joyal.

 

Et même s’ils n’ont à consulter personne pour prendre ces vacances, la compagnie passe fréquemment en premier. «Souvent, moi-même, je me dis que je ne peux pas partir. Quand on a un contrat, il faut le livrer…» avoue-t-elle.

 

Certains employés pourraient se dire: «Le patron quitte plus tôt pour jouer au golf!» Peut-être, mais il travaillera souvent plus tôt ou plus tard le soir.

 

2) Salaire élevé, mais taux horaire faible

 

Le salaire du patron est plus élevé, mais pour une bonne raison dit Jessica Joyal. «C’est parce qu’il fait beaucoup d’heures. Si on regarde son salaire horaire, il ne gagne pas beaucoup.»

 

«Je disais à un vice-président que je commençais à travailler à 4h ou 5h du matin parce que c’est là que j’arrive à en faire le plus. Il m’a dit: “Pour moi, c’est la même chose. Je suis au bureau à 6h et mon personnel entre à 8h-8h30”», raconte Mme Joyal avant d’ajouter: «Je connais un autre président qui, lui est au bureau à 4 h 30-5 h.»

 

Par ailleurs, surtout dans les débuts, un patron se verse un salaire selon les moyens de sa compagnie. Plusieurs entrepreneurs m’ont dit: “Avant que je me verse un salaire, ça a pris cinq ou six ans.” Tu réinjectes d’abord l’argent dans ton entreprise.

 

Quand on pose la question aux gens, ils veulent toujours gagner 100 000$ et plus, explique Jessica Joyal. Pourtant, ce n’est pas réaliste, croit-elle. «Selon Statistique Canada, seulement 1% de la population du Québec gagne 130 000$-135 000$ par an et plus. Avec sept millions de Québécois, ça fait environ 70 000 personnes.»

 

3) Engagement personnel sur le plan financier

 

Oui, les patrons ont une certaine liberté et peuvent faire passer des dépenses sur le dos de l’entreprise. Mais pas n’importe quoi, dit Mme Joyal. Le gouvernement vérifie les comptes des dirigeants qui doivent respecter les règles fiscales.

 

Un propriétaire «doit faire de gros sacrifices sur le plan financier, souvent en son nom personnel. Ce stress s’ajoute à tous les autres. Que ce soit pour les marges de crédit ou certains prêts bancaires, on te demande de t’engager personnellement. Donc, tu risques ton avoir, ta maison, tout.»

 

4) Grande responsabilité

 

Un patron est responsable de faire travailler de nombreux employés. «Personne n’aime faire des mises à pied. C’est une grande responsabilité de faire vivre plusieurs familles. C’est lourd à porter», fait-elle remarquer.

 

5) Toujours en formation

 

Selon la chasseuse de têtes, puisque «les propriétaires et les dirigeants sont responsables du développement de l’entreprise», ils doivent constamment mettre leurs compétences à jour. C’est pourquoi ils font continuellement de la formation continue (congrès, conférences, etc.), la plupart du temps les soirs et les fins de semaine. D’autres retournent aux études tout en continuant de travailler à temps plein.

 

Par exemple, des cours à l’École d’Entrepreuneurship de Beauce sont offerts par les plus grands dirigeants du Québec. Plusieurs des clients cadres de Mme Joyal y assistent. «C’est une semaine par mois de formation pendant deux ans», explique-t-elle.

 

Même les voyages d’affaires ne sont pas aussi extraordinaires que certains voudraient le croire. «Ce n’est rien de très amusant quand tu passes ta vie comme ça. Se taper des 23 heures d’avion… On a beau être en première classe, c’est nous qui attendons trois heures à l’aéroport. Et souvent, comme tout le monde, il faut coucher sur un banc.»

 

6) Moins présents pour la famille

 

«Souvent, le patron doit régler les problèmes. S’il manque quelqu’un, c’est lui qui y va. Donc il sacrifie beaucoup de temps qu’il passerait autrement avec sa famille. Ça prend une grande ouverture d’esprit de la part des conjoints et des enfants», indique Mme Joyal.

 

7) Retraite tardive

 

Dans les grandes et les petites entreprises, il n’y a pas de date précise de retraite pour les dirigeants. «La retraite ne se prend pas nécessairement à 65 ans. Oui, quelqu’un peut prendre une préretraite et dire qu’il ira au bureau deux ou trois jours [par semaine]. Mais un patron peut encore être là quand il a plus de 80 ans», affirme Mme Joyal

 

En bout de ligne...

 

Jessica Joyal croit que certains sont faits pour être patron et d’autres pour être employés, mais aucun des deux statuts n’est mieux que l’autre. «Ça va foncièrement avec les qualités et les aspirations des individus. Certains seront toujours employés et ils te donneront un excellent service. C’est correct et ça en prend. On ne peut avoir juste des chefs et pas d’Indiens.»

 

Et si un employé veut un jour occuper un poste de direction, elle fait toutefois une mise en garde. «On regarde beaucoup l’attitude d’une personne en entreprise. J’ai toujours dit à mes clients que pour les postes de cadres, on embauche pour les compétences, mais on congédie toujours à cause de l’attitude. Sera-t-il un bon gestionnaire, un bon coach pour son équipe? Est-il capable de se rendre disponible, aura-t-il beaucoup d’ouverture et d’écoute? Dans les poste de décision, c’est ce que ça prend.»

 

 

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